La radiobiologie

Incidence des cassures double-brin de l'ADN

Liée généralement à l'oxydation du milieu irradié, l'incidence des dommages de l'ADN est proportionnelle à la dose. Toutefois, la mesure de cette incidence est naturellement limitée à la détectabilité de la technique utilisée. C'est pourquoi notamment l'incidence des cassures double-brin (CDB) a souvent été décrite comme une loi curvilinéaire de la dose avec des techniques comme l'électrophorèse en champs pulsés ou l'élution neutre. En effet,pour chaque technique, un certain nombre de dommages (donc une dose minimale, seuil de détectabilité) est nécessaire pour rendre possible la mesure. De même, un trop grand nombre de dommages engendrés par des fortes doses peut ne pas être mesuré avec précision et engendrer la saturation du signal. Il faut donc être très prudent dans la mesure de l'incidence des dommages radioinduits en connaissant bien les limites de la technique utilisée et veiller à ne pas confondre l'incidence réelle des dommages et le signal mesuré.

Le nombre de CDB induites par Gy dépend également de la taille du noyau et de la condensation de la chromatine, c'est-à-dire de la natue des cellules mais aussi des phases du cycle celulaire. Ainsi, pour les cellules humaines non-transformées, l'incidence des CDB après exposition aux rayons X ou gamma va de 25 CDB/Gy pour les lymphocytes à 4 CDB/Gy pour les fibroblastes cutanés. La valeur de 40 CDB/Gy obtenue pour des fibroblastes quiescents (phase G0/G1), devient 80 pour des cellules en synthèse (phase S) et 20 pour des cellules en mitose (phase M).