La radiobiologie

Radiosensibilité : histoire d'un mot.

A l’exception de Victor Despeignes en juillet 1896 et de quelques tentatives isolées de radiothérapie, les rayons X furent surtout utilisés au début du XXème siècle pour la radiographie voire pour la radio-épilation. C’est probablement surtout cette dernière approche inattendue qui a documenté directement ou indirectement les réactions tissulaires radioinduites. La fréquence de ces événements tissulaires ont conduit les radiobiologistes à faire l’hypothèse de la nocivité des rayons X et de la sensibilité des tissus aux rayons X. Toutefois, l’origine du mot « radiosensibilité » remonte probablement à la naissance du terme « radioactivité » inventé par les Curie.

Il faut en effet rappeler certaines études pionnières :

-       la communication de 1901 où Pierre Curie relate l’expérience qu’il a faite sur lui-même avec une fiole contenant du baryum radifère déposée sur son avant-bras.

-       les travaux pionniers de Louis Tribondeau et Jean Bergonié à Bordeaux en 1906 qui aboutissent à la loi dite de Tribondeau et Bergonié qui s’avéra fausse (voir chapitre dédié)

-       les travaux que mena Claudius Regaud à Lyon de 1906 à 1911 et qui jetèrent les premières bases de la radiobiologie.

Ainsi, alors que l’on parle volontiers au début du XXème siècle de la notion de « sensibilité aux rayons », le premier usage du mot « radiosensibilité » se perd dans la première décade 1900-1910. Dans le corpus de la Bibliothèque Nationale de France, la première occurrence du terme « radiosensibilité » est observée paradoxalement en mars 1910 sur la traduction d’une communication du médecin allemand Joseph Wetterer sur la radiothérapie des néoplasmes sous-cutanés, communication présentée lors du Congrès International de Physiologie à Paris. Il a été difficile aussi de trouver des études contenant le terme « Strahlenempfindlichkeit », traduction de « radiosensibilité » dans cette même période. En fait, ces occurrences, qu’elles soient françaises ou allemandes apparaissent dans des citations, sans doute apocryphes, des communications de la première décade 1900-1910 mais datant des années 1920-30 et donc ne peuvent constituer une preuve d’usage de cette époque pionnière.